ACTF

L'Association des Cyclotouristes du Florival

Nous sommes dimanche 23/09/2018. Site optimisé pour Mozilla Firefox et mis à jour le 19 septembre 2018.
Nouveautés  : CR 18/9 | CR 11/9 | Gavia | Sortie du 9/9 | Calendrier réunions 2019 | Forum des associations | CR 4/9 et 7/9 | 100 km de Mulhouse | MAJ programme | Pgm 2 et 9/9 | Nocturne des crêtes | Points d'eau et achat vente de vélos d'occasion |
Actualité :
30.png

TriRhena

Formidable randonnée de 1000 km à travers le Sundgau, le Jura Suisse, la Forêt Noire pour finir par les Vosges au départ de Kingersheim.

Le site du Trirhena Lien vers d'autres récits de ce TriRhena

L'envie de participer au TriRhena a été immédiate, de la longue distance et de la montagne, tout ce que j'aime. Mais encore faut-il être à la hauteur. C'est donc naturellement que j'ai participé aux deux BRM organisés par le Cyclo Club de Kingersheim (CCK), en prenant à chaque fois l'option avec le maximum de dénivelé. L'organisation de ces brevets est vraiment extraordinaire, un sens de l'accueil, des bénévoles aux petits soins. J'avais terminé dans les temps mais quand même un peu entâmé dans la montée de certains cols sur le 300. Le doute s'installe.
Puis j'ai participé au BRM 400 de Belfort, départ à 16h, idéal pour tester ma gestion du sommeil. De ce côté là pas de soucis, ça s'est bien passé et j'avais un peu de marge au niveau du délai. Du coup, le Trirhena pourquoi pas ? Surtout que cette année il est proposé une version avec un panachage entre le light à 12000 m de D+ ou le max à 18000 m de D+. Jean-Marie, un collègue du club qui a terminé premier lors de la dernière édition, a achevé de me convaincre en me rappelant que je n'avais rien à perdre, qu'un abandon en cours de route n'est pas déshonorant et que c'est une organisation au top à 10 kilomètres de chez moi. Dommage de laisser passer alors que c'est certainement la dernière édition du TriRhena.

    Les soixante-neuf participants à ce TriRhena attendent le brieffing de Pascal Bride, l'organisateur.

  • Les vélos et participants sont fins prêts, le premier groupe part à 7h, les suivants dans les minutes qui suivent.

  • Moyeu Rohloff pour cette randonneuse d'un participant allemand.

  • C'est parti direction la piste cyclable Eurovélo 6 que l'on va emprunter à Hagenbach. Allure régulée pour les premiers kilomètres, ça permet de discuter tranquillement avec les uns et les autres.

  • Jean-Marie qui a fini premier en 54 heures lors de l'édition 2017 du Trirhena.

  • La piste cyclable le long du canal. Chacun va pouvoir se caler au rythme qui lui convient.

  • Premier contrôle à Grandvillars au km 52, peu après avoir quitté la piste cyclable qui longe le canal. Il faut prouver son passage en faisant une photo de son vélo devant La Poste. Les riverains ont du se demander pourquoi tant de cyclistes faisaient des selfies devant ce bâtiment qui ne présente pas d'intérêt architectural particulier.

  • La route se poursuit vers le col des Rangiers en Suisse, première côte de la journée. Le temps est idéal, beau et pas trop chaud, les sensations bonnes, je savoure ces paysages.

  • Ça y est, on est en Suisse, Miécourt, Frégiécourt. Un peu de plat avant que la pente ne s'élève.

  • Asuel et la montée aux Rangiers.

  • Les Rangiers, est-ce un col ou pas, en tout cas maintenant ça va descendre vers Sainte Ursanne. Il est moins de onze heures, je suis un peu en avance sur le planning que je m'étais fixé. C'est bon pour le moral, qui est toujours comme le temps, au beau fixe. Je ferai la pause repas prévue ici un peu plus bas. Autant avancer.

  • Descente vers Sainte Ursanne par une belle route au revêtement idéal. Ne pas oublier que le vélo est chargé, la modération s'impose. Je reviendrai avec mon autre vélo pour le plaisir de la vitesse.

  • La ville de Sainte Ursanne, le plein des bidons à la fontaine, et c'est reparti, non pas à droite vers le col de la Croix, mais tout droit pour longer le Doubs.

  • Le long du Doubs avant Saint Hippolyte.

  • Petite pause de 10 minutes pour manger. Il est temps de faire le plein, il est midi et il reste environ 890 km à faire.

  • Remontée par la vallée du Dessoubre jusqu'à Orchamps-Vennes. C'est dans ce vilage que je ferais une bonne pause. Devant le bar PMU restaurant, un vélo, c'est celui d'Alexandre, le participant brésilien du TriRhena. On aura l'occasion de discuter un peu, devant un coca et un sandwich. Super accueil de la patronne qui est originaire de Rouffach.

  • On va rejoindre le Doubs au niveau de Fournet-Blancheroche pour revenir en Suisse. Un peu de répit sur ce plateau avant de remonter en face. Mais pour l'instant tout se passe bien, je me sens en pleine forme sur ces premiers kilomètres.

  • Le Doubs au pont de Biaufond. Beaucoup de voitures dans la descente, à chaque fois une personne seule, certainement des frontaliers qui rentrent du travail. Le 15 août n'est visiblement pas férié dans tous les cantons suisses.

  • Après 240 km, arrivée au premier ravito. Une heure de pause pour moi, repas avec soupe chaude, salade de riz puis je m'allonge une vingtaine de minutes. Départ à 19h30, avec une belle lumière. J'adore rouler à cette heure du jour. J'avais prévu sur ma feuille de route une arrivée à Fessenheim (380 km) vers 5h du matin, vu mon avance je devrais y être avant. Je sais que deux difficultés m'attendent, la montée de Delémont à Movelier puis celle entre Roschenz et Metzerlen dans le Sundgau.

  • Les sacs que l'on a pu se faire porter jusqu'ici.

  • C'est la dernière fois que je verrais Jean-Marie, après ce ravito il aura beaucoup d'avance sur moi, tout en faisant le parcours Max avec davantage de denivelé.

  • Descente vers Delémont.

  • Le col des Rangiers passé avant midi est là-bas quelque part.

  • Ici à Courfaivre était fabriqués des vélos et motos de marque Condor. Mais l'usine a fermé il y a un moment. Mon vélo est aussi de marque Condor, mais vient d'un fabricant londonien.

  • La lumière décline vite. Je m'arrête un peu avant Vicques pour endosser le baudrier réfléchissant. L'appareil photo va rester au fond de la poche. Petite contrariété cependant, ma lampe frontale ne fonctionne plus, piles vides, quelle erreur de débutant ! Il va falloir lire la feuille de route sous les lampadaires. Ou avec le téléphone, mais je cherche à limiter son usage pour qu'il fonctionne jusqu'au bout.

  • Suite du parcours en solo comme toute la journée précédente. Un groupe de 5 cyclistes roule un peu au même rythme que moi, on va discuter un peu lors des arrêts fontaine et pointage pour faire la photo du panneau qui prouve notre passage. Mais j'aime mieux ne pas trop m'accrocher à un groupe, ça me permet vraiment de gérer le plus finement mes pauses et le rythme.

    Vers 2 heures 30 du matin je décide de m'allonger un peu avant Fessenheim. Curieusement je ne ressens pas de fatigue particulière mais repense aux principes de Vélocio, "boire avant d'avoir soif, manger avant d'avoir faim". Peut-être qu'il est prférable de dormir avant d'avoir sommeil. Surtout que dans cette plaine agricole il fait bon entre les champs de maïs, si je vais plus loin pas sûr de trouver un endroit propice au repos dans les vallées en Allemagne. Et c'est les 220 prochains kilomètres jusqu'au ravito de Châtenois qui vont être difficiles.
    Je finis donc par m'endormir deux fois 30 minutes, allongé sur l'herbe à l'abri des regards et proche de la piste cyclable. J'entendrais le "club des 5" passer à ma hauteur vers 3h du matin.

    Jamais je n'aurais pensé pouvoir rouler aussi longtemps sans ressentir de fatigue. Le bilan de cette première journée est positif et me met en confiance. J'ai fait attention à manger très régulièrement, une barre ou des fruits secs par période d'1h15 1h30 environ, sensation de faim ou pas, de préférence avant les montées pour ne pas digérer en plein effort. Peu de pauses, 10 minutes à midi, moins d'une heure à Orchamps et une heure au ravito.

    Passage de la frontière à Fessenheim puis direction Staufen et le Munsterthal. C'est là qu'une boulangerie fera mon bonheur vers 6h, café, croissant, un autre pour la route. Montée vers Rotenbuck et le Haldenhof. Ce n'était pas l'itinéraire prévu initialement, mais en raison de travaux il a été modifié pour éviter le passage par Sirnitz. Belle montée mais dure, je discute avec Gilles rencontré à la boulangerie. Il fait le Trirhena Max, a beaucoup d'expérience (plusieurs BTR), j'ai apprécié notre conversation et ses conseils et le reverrai plus tard.

  • Descente à Schönau pour remonter par une petite route vers Herrenschwand. Dure la montée, le ravito surprise qui nous attend au sommet est vraiment apprécié.

  • Et pas un petit ravito avec trois rondelles de saucisson et deux cacahouettes. La grande classe, crêpes faites sur place, grillades, tarte faite maison, plus tout le reste. C'est l'organisation du CCK, au top.

  • C'est bien requinqué que je repars à 9h30. À partir de là je ne verrais qu'une fois un cycliste du Trirhena. Le reste de la journée est éprouvant avec le soleil, des portions avec de la circulation. Arrivé au ravito de Châtenois je pense être dans les derniers, mais ce n'est pas le cas. Beaucoup d'abandons, cette étape était difficile pour tout le monde. Je me suis arrêté deux fois faire une sieste de 20 minutes, la fatigue se fait sentir. Bien m'en a pris car c'est moralement en forme que je suis arrivé à Châtenois. Je sens bien que je n'appuie plus aussi fort sur les pédales, le compteur ne ment pas, mais c'est un sentiment d'euphorie qui s'empare de moi. À partir de là je pense que je peux finir dans les 75 heures qui nous sont allouées, les étapes les plus dures sont derrière moi, il ne reste que 400 km et je suis largement dans les temps que j'avais prévu.

  • Après une douche et un bon repas à ce ravito, c'est reparti pour la deuxième nuit sur le vélo, direction Dabo (675 km).

    J'enchaîne le col du Donon, de Steige et Sainte Marie-aux-Mines. Cette partie sera interrompue par une sieste de 20 minutes mais c'est dans la montée vers le col des Bagenelles que je me sentirais faible. Manque de carburant, pause au restaurant alors que le ravito de Plainfaing n'est pas loin.
    La dernière nuit sera difficle, dans la montée du Ballon d'Alsace je commence à voir des gens traverser la route et des masques du carnaval de Venise dans les fourées alors que bien sûr il n'y a personne. Ces hallucinations visuelles sont dûes au manque de sommeil. La fatigue se fait sentir et l'orage qu'on a pris au départ de Plainfaing n'arrange rien, on est trempé, on a froid. Refusant d'entâmer la descente dans ces conditions, je décide d'une halte au sommet, une heure de sommeil. Il est minuit, il me reste 10h de délai et moins d'une centaine de kilomètres. Aucune raison de prendre des risques.
    Dans la descente un peu avant Masevaux je rencontre Éric, il me conseille de ne pas trop m'approcher de son vélo car sa trajectoire n'est pas très sûre et il voit une foule de gens sur les bas côtés.
    Nous terminerons ensemble à Kingersheim à 5h45.
    Des moments difficles, mais finalement peu nombreux. Le vélo c'est génial!